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La
théorie du cocker
Un roman
de Nicolas Pinguely
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"La
théorie du cocker" s'ouvre sur l'explosion de la gare Cornavin,
un attentat revendiqué par les Fils des martyrs du 11 septembre. Le personnage
principal commence sa narration gisant parmi des centaines de corps déchiquetés,
non loin de celui de Tarik Pamadan, un avatar du célèbre islamologue genevois.
Hédoniste et cynique à défaut d'être ouvertement libertin, le héros de
Pinguely est trader dans une banque genevoise.
Il fait pénétrer
le lecteur dans le quotidien de la finance dont il dévoile notamment les
dérapages et les pratiques illégales. Entraîné dans un cercle vicieux
par sa volonté de favoriser un richissime client saoudien afin de bénéficier
de son carnet d'adresses, acculé par un krach boursier, le protagoniste
de Pinguely se trouvera dans l'obligation de réunir 5 millions de dollars
ou d'affronter la justice. Après avoir envisagé le suicide, c'est dans
la Genève internationale qu'il trouvera le salut…
Commence alors
une course contre la montre au suspens soutenu. En contrepoint à l'action
principale, la voix d'un avocat devenu clochard parle en spectateur marginal
mais inspiré du malaise de la société suisse. A travers ses commentaires
mordants, les événements marquants de la politique suisse et internationale
de la fin du XXe siècle sont passés au filtre d'une vision originale.
L'effondrement
du bloc soviétique, le rapport Bergier, les fonds juifs en déshérence,
l'Initiative de Genève pour la paix au Proche-Orient la montée des extrêmes
ou encore l'arrogance d'un libéralisme triomphant constituent quelques-unes
des pièces à charge et décharge convoquées par le vieil alcoolique.
Nicolas
Pinguely
est devenu journaliste économique après avoir travaillé pendant plus de
10 ans dans le milieu de la finance. Il écrit actuellement pour le quotidien
"Le Temps". "La théorie du cocker" est né d'une conjonction d'événements:
un souvenir d'un voyage marocain, les attentats du 11 septembre et l'arrivée
à maturation d'une réflexion de journaliste sur la position de la Suisse
après la chute du mur de Berlin.
Au début des années nonante, dans un train qui l'emmenait à Fez, Pinguely
rencontre deux jeunes Marocains qui partent au Yemen suivre un entraînement
intensif pour défendre l'Islam. "Tu verras, ça va faire du bruit, on est
des milliers à suivre ce chemin", lui affirment-ils. Quinze ans plus tard,
Pinguely ne peut s'empêcher de penser qu'ils ont peut-être été enfermés
dans les cages de Guantanamo ou sont morts en Afghanistan.
C'est le déclic qui lance la rédaction du roman. Deux mois sabbatiques
permettent à l'auteur de coucher sur le papier son amour pour sa ville,
Genève, et sa vision d'une Suisse déboussolée entraînée dans la tourmente
terroriste. Lorsque surviennent les attentats de Madrid le 11 mars, le
roman est déjà achevé et Pinguely cherche un éditeur. Ce point de rencontre
aux accents prophétiques entre la fiction et la réalité n'en rend son
roman que plus crédible.
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